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10 Mai 1981

Aujourd’hui cela fait 30 ans que François Mitterand a été élu président de la République pour la première fois. Ce fut le seul socialiste à atteindre cette responsabilité sous la 5ème république. J’espère que la prochaîne sera en 2012!
Ce fameux jour du 10 Mai 1981, j’avais 10 ans et je vivais à Pointe Noire au Congo avec mes parents. Ils m’avaient amené avec eux pour assister au dépouillement du vote au Consulat.
J’ai le souvenir d’une ambiance à couper au couteau. Traditionnellement la population de cette ville à cette époque était constituée de ceux qu’on appelle les vieux « français » fidèles à droite.
Au fur et à mesure de la soirée, les sourires disparaissaient des visages alors que je voyais ceux de mes parents s’éclaircir. Je ne me souviens plus du résultat de dépouillement sur Pointe Noire. Dans la soirée quand nous suivions les information sur France Inter, le commentaire de mon père a sonné comme une revanche: « Finalement on les a eu! »
Je ne comprennais pas grand chose à la signification de ce qui venait de se passer mais je ressentais la joie, j’intuyais l’espoir du changement qui se personnalisait dans un seul homme: François Mitterand!

Après ce message personnel sur mon souvenir du 10 Mai 1981, je présente celui de M. Badinter qui illustre pour moi la vraie force de F. Mitterand et peut être ce que je manque le plus chez les Socialistes d’aujourd’hui: le courage politique.

Hélène

 

Rétrospectivement, certains croient que l’abolition de la peine de mort était un thème favori des orateurs de la gauche pendant la campagne de 1981. Quelle erreur ! Politiquement, c’était considéré comme un sujet à éviter, car la grande majorité des Français étaient en faveur du maintien de la peine de mort.

Je me souviens très bien du jour où la question lui a été posée à la télévision dans l’émission  » Cartes sur table  » – le 16 mars 1981 – . J’avais eu le matin même une discussion avec Jean-Pierre Elkabbach et, vous connaissant tous les deux – Robert Badinter s’adresse à Alain Duhamel – , je me doutais bien que la question serait abordée le soir même. J’ai donc dit à Mitterrand, avec qui je travaillais les émissions de télévision, qu’il fallait se préparer. Ça l’a rendu nerveux. Il m’a dit :  » Laissez-moi tranquille avec votre obsession. Assez avec cette histoire de peine de mort, ça n’intéresse pas les Français !  »

Sur ce, j’ai pris une feuille de papier et, en gros caractères, j’ai fait taper des citations des grandes religions, des grands écrivains et, bien entendu, de Jaurès et de Blum. Puis je suis allé rue de Bièvre et j’ai demandé à sa secrétaire de la glisser dans le dossier de Mitterrand en espérant qu’il la lirait avant l’émission. Là je me souviens que c’est vous, Alain Duhamel, qui, au dernier moment, avez posé la question. J’étais chez moi et je me rappelle qu’il y a eu un quart de seconde où on le voit qui clignait des yeux. Je me suis dit : pourvu qu’il ne sorte pas une de ses phrases élégamment ambiguës dont on ne comprend pas très bien quelle est la conclusion. Et là il a dit ce dont tout le monde se souvient, à savoir que malgré l’opinion dominante il était contre la peine de mort. C’est indiscutablement une preuve rare de courage politique. En y réfléchissant après, je me suis dit que ce n’était pas seulement l’expression d’une conviction : c’était aussi une intuition politique remarquable. Non pas qu’il espérait que grâce à cela il aurait plus de voix, mais parce qu’il démentait par là l’accusation qui avait été toujours portée contre lui d’être avant tout un Machiavel. Au contraire, il montrait que, sur l’essentiel, il était d’abord un homme de conviction.

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